Je vais vous raconter aujourd'hui une reconversion peu banale puisque je l'ai réalisée sans réellement m'en rendre compte! cela me permettra ainsi de rajouter mon petit grain de sel au débat du mois...
il y a maintenant un an et demi (pas tout fait, mais on va pas compter les jours non plus...), je sortais, mon diplôme en main, de la faculté de Pau. Je pouvais alors prétendre à des postes plutôt haut placés dans la culture et j'avais dans cet état d'esprit entrepris de passer les concours d'attaché de conservation... pourtant, malgré mes stages, mon CV, mes diplômes, ma motivation, etc., je me heurtais toujours à un 'non merci mademoiselle, nous n'avons pas les budgets pour vous employer en CDI...". En désespoir de cause et afin de pouvoir remplir mes placards (et oui quand on est jeunes diplômés et qu'on n'a pas droit au chômage, on mange aussi!) je me suis rabattu sur un emploi que j'occupais déjà depuis plusieurs années avec succès - il faut bien payer ses études - c'est à dire, femme de ménage...
Quelques mois plus tard, miracle, un de mes anciens tuteur de stage me re-contacte en me proposant un projet un rien saugrenu mais au combien intéressant : la création du site internet du musée! Pourtant, je n'y connaissais pas grand chose en informatique à cette époque là! et me voilà en contrat de professionnalisation, apprenant les bases du métier de développeur multimédia!
j'étais en pleine reconversion, sans le savoir encore!
Au début, tout se passe bien dans mon nouveau service. J'étais là pour 13 mois et on me faisait miroiter un poste en CDI... Comme vous pouvez vous en douter, je n'ai pas choisi le terme "miroiter" au hasard. Prise comme je l'étais dans ma formation Gréta, je ne me suis pas aperçue tout de suite que mon tuteur de stage se foutais de ma gueule et qu'il faisait ça pour avoir un boulot bien fait pour pas cher... Malheureusement (ou heureusement finalement) quand j'ai commencé à me douter de quelque chose, mon tuteur de stage à commencé à changer de stratégie et j'ai alors eu droit à un harcèlement moral en règle...
Boulot fini, diplôme de développeur en poche, je croyais encore naïvement à un contrat durable et j'avoue que la chute à été rude quand j'ai entendu que non seulement mon travail ne pourrait pas être publié sur internet (et oui, en plus d'être c.., mon tuteur de stage était très mauvais en orthographe, d'ou un site truffé de fautes, pas présentable...), mais qu'en plus on me demandait de dégager la place pour les futures stagiaires...
Je n'accuse pas l'entreprise qui elle a été tout à fait correcte mais ce petit chef qui se croyait tout permis...
Mais dans un sens, cela m'a rendu service! car cette année passée dans des conditions difficiles m'a permis de comprendre plusieurs choses!
1. que la culture est un métier très fermé ou les budgets sont rarement présents pour des emplois à long terme
2. que les institutions culturelles ont rarement les compétences pour mener à bien un projet multimédia mais qu'elles ont de grandes ambitions
Là l'idée a germé en moi: Pourquoi ne pas proposer un service externalisé afin de mener à bien leurs projets de communication? Et me voilà aujourd'hui dans la situation que vous connaissez! en train de créer mon agence de communication spécialisée en culture!
Sans le prévoir réellement, sans faire une étude de marché pour voir quels étaient les métiers porteurs de ma région, j'ai réaliser une reconversion en passant du statut de "gratte papier" à celui de "technicien". Mais peut_on réellement parler de reconversion quand on n'a pas encore réellement travaillé? je ne sais pas!
En tout cas, une chose est sure : quand on mène un processus de reconversion, ce que l'on a fait avant ne s'efface pas... il faut savoir tirer le meilleur parti des toutes ses compétences afin de se créer un profil atypique, qui retiendra l'attention. alors qu'on soit jeune diplômé ou chomeur ou même en poste, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers! on a toujours à apprendre quelque chose!